Les places européennes ont terminé la séance de vendredi en net repli, alors que Wall Street tentait de se stabiliser après une forte correction des valeurs technologiques. À Paris, le CAC 40 a cédé 0,81% à 8 139 points. Le DAX allemand a perdu 2,02%, le FTSE britannique 1,01% et le Stoxx 600 1,05%. Malgré ce recul, le CAC 40 conserve une progression hebdomadaire de 2,1%, ce qui nuance la lecture d’une séance dominée par l’aversion au risque.
Le principal foyer de tension reste l’intelligence artificielle. La perspective d’un encadrement politique plus strict aux États-Unis a ravivé les interrogations sur les dépenses massives consacrées aux puces et aux centres de données. Le Nasdaq avait chuté de 5,5% la veille, sa pire séance depuis avril 2025. À la clôture européenne, il rebondissait toutefois de 1,55%, tandis que le S&P 500 gagnait 0,87%. L’indice américain des semi-conducteurs reprenait 4% après avoir perdu plus de 12% jeudi.
Pour l’investisseur français, cette divergence appelle à distinguer le rebond technique d’un changement durable de tendance. Les marchés européens sont moins exposés aux grandes valeurs technologiques, mais ils restent sensibles aux mouvements de Wall Street, aux conditions de financement et à la confiance générale. Au sein du SBF 120, Teleperformance a plongé de plus de 15% après l’abaissement de son objectif annuel de chiffre d’affaires. À l’inverse, Air France-KLM a progressé de 7%, soutenu par ses résultats et une recommandation plus favorable de Barclays.
Le rapport américain sur l’emploi a ajouté une contrainte monétaire. Les créations de postes ont dépassé les attentes et le chômage a légèrement reculé à 4,1%, renforçant l’hypothèse d’une hausse des taux de la Réserve fédérale en décembre. Le rendement du Treasury américain à dix ans montait à 4,8635%, tandis que le dollar gagnait 0,61% face à un panier de devises. L’euro reculait de 0,62%.
Ce contexte peut peser sur les valorisations des actions de croissance et renchérir le coût du capital. Il favorise aussi une approche plus sélective, centrée sur la solidité des bilans et la visibilité des bénéfices. Les rendements de la zone euro sont restés presque stables, mais les statistiques ont montré des ventes au détail plus faibles qu’attendu en septembre.
La stabilisation américaine reste donc fragile. Un rebond prolongé des semi-conducteurs rassurerait les marchés, tandis qu’une nouvelle remontée des taux ou des annonces réglementaires sur l’IA pourrait relancer la volatilité. La séance rappelle qu’une diversification géographique ne neutralise pas les chocs venus des grandes capitalisations technologiques américaines.


