La justice américaine a récemment rejeté l’obligation de vendre AdX, la plateforme d’enchères publicitaires de Google, une décision qui a soutenu le cours d’Alphabet. Cette issue intervient après une phase antérieure — en avril 2025 — où la juge Brinkema avait donné raison aux plaignants, estimant que Google avait lié illégalement des éditeurs à AdX, sur lequel il prélève une commission de 20 %. Malgré ce constat de pratique anticoncurrentielle, le démantèlement a été jugé trop complexe et potentiellement perturbant pour les clients.

La décision rejoint une série de revers pour les autorités antitrust : un an plus tôt un autre juge avait autorisé Google à conserver Chrome, et Meta avait pu garder Instagram et WhatsApp en novembre. Ces trois défaites consécutives montrent une tendance judiciaire défavorable aux tentatives de démantèlement des grands acteurs tech aux États-Unis, au moins sur des bases pratiques ou de faisabilité.

Le poids d’Ad Manager reste toutefois limité face à la capitalisation d’Alphabet, évaluée à 4 080 milliards de dollars. En 2020, Ad Manager représentait 4,1 % du chiffre d’affaires de Google et 1,5 % du résultat opérationnel, des proportions modestes mais significatives pour les éditeurs et le marché de la publicité en ligne. Google a plaidé la complexité technique et les risques pour les éditeurs pour empêcher la cession forcée d’AdX.

Les pressions réglementaires ne sont pas levées : Google fait toujours l’objet de procédures en Europe et voit sa position sur l’intelligence artificielle rester incertaine. Par ailleurs, les investissements massifs d’Alphabet dans l’IA inquiètent certains investisseurs quant à leur rentabilité et à l’évolution concurrentielle. À court terme la justice américaine offre un répit actionnarial, mais le dossier réglementaire demeure une source de volatilité potentielle.