Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a accordé une grâce à Martin Ryan, ressortissant français détenu en Azerbaïdjan depuis décembre 2023. Condamné en mars 2026 à dix ans de prison pour espionnage, il figurait parmi vingt personnes concernées par le décret. Les autorités françaises avaient constamment rejeté les accusations portées contre lui et qualifié sa détention d’arbitraire.
La décision intervient dans un contexte diplomatique particulier. Selon un diplomate à Bruxelles cité par la source, la France avait poussé les États membres de l’Union européenne à retirer l’oligarque russo-ouzbek Alisher Ousmanov de la liste des personnes sanctionnées, dans le cadre d’un accord lié à la libération de prisonniers français. Le Luxembourg a de son côté obtenu la levée des sanctions contre Mikhaïl Fridman. Ces décisions ont suscité des protestations des autorités ukrainiennes.
Les relations entre Paris et Bakou se sont fortement dégradées depuis la reprise par l’Azerbaïdjan du contrôle du Karabakh en septembre 2023 et le soutien français à l’Arménie. Un autre ressortissant français, Anass Derraz, reste détenu en Azerbaïdjan après une condamnation à douze ans de prison en novembre 2025 dans une affaire de corruption présumée. La grâce de Martin Ryan constitue donc un signal de détente ponctuel, sans suffire à établir une normalisation plus large des relations bilatérales.
Le décret de grâce mentionne également d’autres ressortissants étrangers, tandis que la situation d’Anass Derraz reste distincte. Pour apprécier la portée diplomatique de l’épisode, il faudra observer si d’autres dossiers bilatéraux évoluent et si les échanges politiques entre la France et l’Azerbaïdjan se traduisent par des décisions concrètes au-delà de cette libération.
