Les tensions entre l’Iran et les États‑Unis se sont ravivées après une série d’incidents navals dans le détroit d’Ormuz. Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que l’époque des ripostes proportionnées était « révolue » et a menacé d’une réplique accrue en cas d’attaque contre les intérêts iraniens. Cette mise en garde survient quelques heures après qu’un drone naval américain a été ciblé dans le détroit et au lendemain de bombardements américains visant des infrastructures iraniennes.

Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir attaqué un « navire américain de surface, sans pilote » tentant de pénétrer dans le détroit, et avoir ciblé trois pétroliers ainsi que trois navires américains en d’autres zones, selon la télévision d’État. Le Centcom américain avait, pour sa part, affirmé avoir visé trois pétroliers iraniens se trouvant notamment au large de l’île de Kharg, près de Jask et dans le Golfe d’Oman ; les frappes n’auraient pas fait de victimes, les équipages ayant été transférés à terre.

Washington applique parallèlement un blocus naval contre les ports iraniens et affirme que des bâtiments américains, dont un porte‑avions et un destroyer, ont échappé à de multiples attaques sans blessés. Le chef du Centcom, Brad Cooper, a mis en garde en déclarant vouloir « imposer un prix » si des navires américains étaient touchés. L’Iran considère les frappes américaines comme un acte de « désespoir » face au verrouillage du détroit, voie stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures qu’il contrôle de fait depuis plusieurs mois.

Le conflit s’inscrit dans un contexte régional plus large : frappes en Israël et au Liban faisant des morts, affrontements au Yémen avec près de 200 tués récents, et une hausse antérieure des cours du pétrole depuis le déclenchement des hostilités le 28 février. À l’approche des élections américaines de mi‑mandat, l’administration Trump dit privilégier la « guerre économique » et des « frappes ponctuelles » plutôt qu’un engagement militaire direct prolongé.