Après un nouveau cycle de frappes américaines visant des sites du Corps des Gardiens de la Révolution —radars, défenses aériennes et installations maritimes selon le Centcom— l’Iran a riposté «tous azimuts», revendiquant des attaques contre la Jordanie, le Koweït, Bahreïn, l’Irak et les Emirats arabes unis. Les autorités iraniennes rapportent au moins 11 morts dans les bombardements: quatre lors d’un mariage dans la province d’Hormozgan (sud-est) —une cinquantaine de blessés— et sept dans la province du Khouzestan (ouest) avec huit blessés. Les Gardiens ont également annoncé quatre morts dans leurs rangs et trois dans la milice Bassidj.

Le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf a condamné les frappes, évoquant des civils, dont des enfants, tués lors d’attaques précédentes, tandis que le porte-parole militaire iranien Ebrahim Zolfaghari a promis des «ripostes plus larges et plus destructrices» en cas de nouvelles attaques américaines ou de pays coopérant avec les États-Unis. De leur côté, les forces américaines, via Centcom, confirment avoir ciblé des capacités du Corps des Gardiens et Washington a menacé d’une riposte «plus dure et plus forte».

La flambée de violence a des répercussions régionales: la Jordanie affirme avoir intercepté dix missiles et trois autres se sont écrasés sans faire de victimes; le Koweït et l’Irak signalent aussi des tirs affectant leurs territoires; dans le détroit d’Ormuz, deux pétroliers ont pris feu après avoir heurté des mines, selon Téhéran. Les marchés réagissent: le Brent est repassé au-dessus de 90 dollars. Washington a renforcé la pression économique par un blocus des ports iraniens et des sanctions secondaires visant les partenaires commerciaux de l’Iran, tandis que Téhéran appelle à réduire la consommation d’essence face à des difficultés d’importation.

Sur le plan militaire, le porte-avions USS Abraham Lincoln est arrivé en Thaïlande après plus de neuf mois en mer; il avait été redéployé au Moyen-Orient depuis le début du conflit fin février, illustrant la projection de forces américaines dans la région.