Le chef des forces armées iraniennes, général Ali Abdollahi, a mis en garde mercredi les pays du Golfe contre toute aide ou facilitation apportée aux forces américaines, estimant qu'elle constituerait une participation aux opérations militaires. Son avertissement intervient alors que le porte‑avions USS George Washington est redéployé au Moyen‑Orient pour remplacer l’USS Abraham Lincoln, et que plusieurs Etats du Golfe hébergent des installations américaines.

Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir suspendu « jusqu'à nouvel ordre » tous leurs échanges commerciaux et transactions financières avec l'Iran après avoir accusé Téhéran d'avoir tiré deux missiles balistiques tombés en mer et visant « la navigation maritime ». L'Iran a « catégoriquement » nié ces tirs. Le président américain Donald Trump a écrit que « le blocus naval reste pleinement en vigueur », affirmant que le détroit d'Ormuz est ouvert et que toutes les mines ont été enlevées ou déclenchées.

Ces déclarations contredisent des signaux diplomatiques plus positifs évoqués par Jared Kushner, qui avait parlé de discussions « très positives et animées » avec Téhéran ; selon une source américaine, ces échanges ont été suspendus sur ordre de M. Trump, en l'absence d'un rapprochement iranien vers les positions américaines. Le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a rappelé que le détroit ne serait pas « ouvert » tant que Washington n'aurait pas respecté les engagements d'un protocole d'accord signé en juin, dont une trêve de soixante jours destinée à négocier un règlement.

Parmi les demandes iraniennes figurent la levée du blocus naval, le déblocage des avoirs gelés, la levée de l'embargo pétrolier et la fin des opérations militaires sur tous les fronts. L'Iran souhaite aussi instaurer des frais de navigation pour les navires transitant par Ormuz — proposition rejetée par Washington et certains pays de la région. Le Qatar et Oman discutent parallèlement d'un accord sur la gestion du détroit, que Téhéran dit voir approuvé sur le tracé géographique envisagé.

Malgré les propos de M. Trump sur un possible statut américain d'Ormuz et la publication d'une carte le décrivant ainsi, le trafic reste bien inférieur aux niveaux d'avant le conflit, rendu également difficile à mesurer par des navires désactivant parfois leurs transpondeurs. Le conflit demeure marqué par des mesures de blocus, des frappes et des ripostes régionales après l'attaque américano‑israélienne du 28 février et les représailles iraniennes.