L’or évoluait autour de 4 340 dollars l’once lundi, après avoir perdu 1,8 % la semaine précédente et enchaîné une troisième baisse hebdomadaire. À 3 h 29, le cours au comptant reculait de 0,3 % à 4 335,98 dollars, tandis que les contrats à terme cédaient 0,7 % à 4 376,92 dollars. L’argent perdait 0,7 % à 64,09 dollars et le platine 0,3 % à 1 792,63 dollars.

La pression principale vient du scénario monétaire américain. L’indice des prix à la consommation de base a progressé de 0,3 % sur un mois en août, hors alimentation et énergie. Le marché évaluait à environ 88 % la probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale en septembre, qui serait la première en trois ans. Comme l’or ne verse aucun revenu, la remontée des rendements augmente le coût d’opportunité de sa détention.

Le dollar a légèrement progressé, son indice gagnant 0,1 % à 99,19, ce qui constitue un autre frein pour le métal libellé en devise américaine. La politique monétaire reste toutefois confrontée à un choc énergétique. Le Brent s’est rapproché de 107 dollars le baril après une hausse hebdomadaire proche de 9 %, sur fond de conflit au Moyen-Orient et de perturbations des marchés de l’énergie.

Une réunion entre l’Iran et plusieurs pays du Golfe, destinée à établir un couloir maritime temporaire dans le détroit d’Ormuz, a été reportée. Cette incertitude entretient à la fois le risque inflationniste, défavorable à court terme via les taux, et la demande de protection géopolitique, potentiellement favorable à l’or. Ces deux mécanismes expliquent pourquoi le métal se maintient dans une zone relativement étroite autour de 4 400 dollars depuis son rebond sur un point bas proche de 4 000 dollars en juillet.

ANZ conserve une opinion constructive et un objectif à douze mois de 5 400 dollars l’once. La banque anticipe trois hausses de 25 points de base de la Fed d’ici mars 2027, mais estime que les tensions géopolitiques préserveront l’attrait refuge du métal. Elle relève aussi le redressement des encours d’ETF adossés à l’or, des positions spéculatives et de la demande institutionnelle en Chine et en Inde.