Les prix de l’or ont légèrement reculé vendredi mais demeuraient solidement au-dessus de 4.500 $ l’once, autour de 4.520,71 $ à 04h12, avec les contrats à terme à 4.576,51 $. Le rallye de la semaine a porté l’or d’environ 4% et met le métal sur une trajectoire de gain mensuel supérieure à 11% pour août, après un rebond significatif depuis le creux de fin juin proche de 3.942 $.
Le facteur central derrière ce mouvement est la détente sur le marché obligataire américain : le Trésor a annoncé un doublement des rachats de titres du Trésor à long terme, ciblant au moins 4 milliards de dollars par opération pour le trimestre à venir. Ces achats ont contribué à faire baisser les rendements à long terme, réduisant l’attrait relatif des actifs rémunérateurs face à l’or, qui ne produit aucun revenu.
La baisse des rendements a aussi pesé sur le dollar : l’indice du billet vert reculait à 98,77, se dirigeant vers une perte hebdomadaire de plus de 0,8%. Un dollar plus faible rend l’or moins cher pour les détenteurs d’autres devises, renforçant la demande internationale pour le métal. Les autres métaux ont suivi : l’argent (XAG/USD) gagnait 0,5% à 68,43 $ et le platine (XPT/USD) progressait de 1,7% à 1.867,71 $.
Les données américaines sur l’emploi ont ajouté une nuance : des inscriptions hebdomadaires au chômage en légère baisse suggèrent un marché du travail encore résilient malgré une déception sur l’emploi de juillet. Les marchés évaluent toujours les probabilités d’une décision de la Fed en septembre (environ 64% pour maintien, 36% pour une hausse selon le CME FedWatch), ce qui continue d’influencer la dynamique des taux réels et donc le cours de l’or.
Enfin, le rôle de valeur refuge de l’or a été souligné par des analystes comme ANZ, dans un contexte où des préoccupations budgétaires et des tensions géopolitiques — y compris les annonces de sanctions américaines contre l’Iran — poussent certains investisseurs à diversifier hors des actifs libellés en dollars.
