L'Union européenne a publiquement soutenu la présidente de la Cour pénale internationale, la juge japonaise Tomoko Akane, après l'annonce de sanctions américaines ciblant la direction de la CPI. Ces mesures, annoncées par Washington, interdisent notamment aux personnes visées d'entrer aux États-Unis et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec elles. Le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye, substitut du procureur, est également visé.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont déclaré que Tomoko Akane doit pouvoir agir en toute indépendance et sans pression extérieure. Le Japon, principal contributeur au financement de la Cour et allié des États-Unis, a qualifié ces sanctions de « très regrettables » mais a rappelé son soutien constant à la CPI. L'Allemagne a aussi insisté sur l'importance de défendre l'indépendance de l'institution.

La CPI a dénoncé ces mesures comme sapant l'État de droit et une « attaque flagrante » contre l'indépendance judiciaire. Washington justifie son offensive par des accusations de politisation de la Cour et par les enquêtes menées contre des responsables qui refusent sa compétence — notamment celles concernant Israël, depuis le mandat d'arrêt émis en 2024 contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu en lien avec la guerre à Gaza. Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine selon le communiqué cité, affirme que ces personnes ont participé aux efforts de la CPI pour enquêter et poursuivre des responsables.

L'offensive américaine s'inscrit dans une campagne diplomatique plus large visant à faire pression sur des États pour qu'ils se retirent de la Cour: le Tchad et le Venezuela ont récemment annoncé leur intention de quitter la CPI. La situation s'ajoute à une crise profonde de la Cour, déjà visée par la Russie après le mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine en 2023. Des ONG américaines contestent par ailleurs en justice les sanctions, estimant qu'elles entravent l'accès à la justice des victimes de crimes de guerre.