La Banque centrale européenne devrait annoncer jeudi une hausse de 25 points de base du taux de dépôt, qui passerait à 2,5%, selon des anticipations d’analystes citées par la source. Il s’agirait du deuxième relèvement de l’année après celui de juin ; la BCE avait suspendu ses hausses en juillet en espérant une désescalade entre les États‑Unis et l’Iran. La reprise des hostilités a ravivé les tensions sur le pétrole et pesé sur les perspectives d’approvisionnement via le détroit d’Ormuz.

L’effet est déjà visible sur les chiffres : l’inflation de la zone euro a atteint 3,3% en août, niveau le plus élevé depuis trois ans et nettement supérieur à l’objectif de 2% de la BCE. Plusieurs responsables de l’institution, dont Isabel Schnabel et Joachim Nagel, ont jugé justifié un relèvement en septembre. La BCE publiera également de nouvelles projections macroéconomiques à l’horizon 2028, susceptibles d’être rehaussées pour l’inflation et de conforter les partisans d’un tour de vis.

Le resserrement monétaire annoncé aura des effets concrets sur le coût des crédits : prêts immobiliers, emprunts d’entreprises et émissions souveraines pourraient se renchérir. Les économistes sont toutefois divisés : Felix Schmidt (Berenberg) estime qu’un choc d’offre lié à l’énergie ne doit pas conduire à une politique monétaire plus restrictive, tandis que Capital Economics doute d’effets durables sur les salaires et les prix sous‑jacents. À l’inverse, Michel Martinez (Société Générale CIB) anticipe une nouvelle hausse en décembre portant le dépôt à 2,75% si la BCE adopte une communication résolument « hawkish ».

Enfin, le contexte international pèse : la Fed pourrait elle aussi relever ses taux lors de sa réunion des 15‑16 septembre, après l’arrêt des changements depuis décembre 2025, les créations d’emplois américaines en août renforçant cet argument. La BCE devra désormais arbitrer entre la nécessité de maîtriser l’inflation importée et le risque d’alourdir le coût du crédit pour une économie encore en phase de résilience.