Le marché parisien a cédé du terrain mercredi matin sous l’effet d’une forte remontée du pétrole: le CAC 40 reculait de 0,75% à 8 255,66 points vers 09h45 après une clôture de 8 317,98 points la veille (+0,14%). La référence mondiale, le Brent, a dépassé le seuil des 100 dollars le baril pour la première fois depuis fin juillet, un niveau qualifié de psychologiquement important par Kathleen Brooks (XTB).

Les analystes relient la hausse du brut aux tensions militaires récentes: John Plassard (Cité Gestion Private Bank) évoque une accélération des prix «après les nouvelles frappes américaines contre des pétroliers iraniens à proximité de l'île stratégique de Kharg». En réaction, les Gardiens de la Révolution ont déclaré avoir attaqué une base militaire américaine en Jordanie ainsi qu'une vingtaine de bateaux dans le Golfe.

Dans ce contexte, les valeurs pétrolières font figure d'exception: TotalEnergies gagnait 1,27% à 78,74 euros, Maurel & Prom prenait 1,03% à 8,35 euros et North Atlantic Energies (nouveau nom d'Esso France) grimpait de 6,39% à 95,80 euros, soutenues par la perspective d'une amélioration des marges liées au prix du brut.

Mais plusieurs intervenants soulignent les risques macroéconomiques: Andreas Lipkow (CMC Markets) rappelle que des prix pétroliers à trois chiffres pèsent sur la conjoncture en Europe et aux États-Unis et renforcent la pression sur les banques centrales, entraînant des resserrements monétaires, une remontée des rendements obligataires et un plafonnement des actions. La BCE doit d'ailleurs relever jeudi son taux de référence de 0,25 point à 2,5% pour lutter contre une inflation élevée.