Vendredi, la PBOC a opéré un reverse repo net de 348 milliards de yuans (≈51,7 milliards de dollars) dans le système bancaire chinois. Cet outil, un prêt d’un jour remboursé le matin suivant, a servi à lisser la liquidité en l’absence de nouvelles baisses de taux — le taux de prêt à un an restant au plancher historique de 3 % depuis mai 2025. Malgré l’opération, le cours de Bitcoin a reculé de 1,7 %.
La banque centrale avait annoncé un calendrier couvrant quatre journées (14, puis 17-19 août), chaque journée étant plafonnée à 600 milliards de yuans (~88 milliards $). Vendredi seulement 58 % du plafond a été utilisé; le total disponible sur les quatre jours atteint 2,4 billions de yuans. Les autorités présentent cet ensemble comme un « couloir de liquidité » et non comme un assouplissement monétaire massif.
Les marchés obligataires ont réagi immédiatement: le rendement des obligations d’État chinoises à 10 ans a chuté à 1,68 %, un plus bas depuis juillet 2025, tandis que le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans se situait autour de 4,63 %, creusant l’écart à environ 295 points de base. Le rendement japonais à 10 ans a clôturé à 2,87 %, proche de plus hauts pluriannuels. Ces différences de taux influencent le coût global de l’argent et pèsent sur les actifs risqués.
Historique et transmission: la PBOC avait déjà lancé cet instrument le 29 juin (300 milliards de yuans ≈44 milliards $) ; Bitcoin avait alors baissé de 2,26 %, retombant à 58 504 $. Sur une plus longue période, BTC a néanmoins progressé d’environ 7 % depuis juin. Les spécialistes soulignent que l’effet se transmet surtout via le sentiment, les devises et les coûts de financement pour les traders à effet de levier. Frances Cheung (OCBC) note que la PBOC « vise à lisser la liquidité sans inonder le marché », et Jeffrey Zhang (Credit Agricole CIB) indique qu’une volatilité moindre des coûts de financement pourrait soutenir les carry trades court terme.
À court terme, la fenêtre du 17-19 août et la publication des chiffres d’activité de juillet (après une croissance de 4,3 % au T2, rythme le plus faible depuis fin 2022) serviront de test pour juger de l’impact réel de ces opérations sur le risque mondial et sur des actifs comme Bitcoin.


