Le sommet annuel du Forum des îles du Pacifique, réuni aux Îles Palaos, se déroule sous le signe des tensions sino‑taïwanaises et d’absences significatives: cinq dirigeants attendus ne participent finalement pas à la réunion. Les Palaos, l’un des trois derniers États de la région à reconnaître Taipei, ont invité la Chine, Taïwan et les États‑Unis comme partenaires, mais Pékin a protesté contre la présence de Taïwan. Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Lin Chia‑lung, est arrivé sur place, provoquant la réprobation de la Chine qui a qualifié l’archipel de lieu « dangereux » pour les voyageurs, selon le président palauien Surangel Whipps.
Les Palaos soulignent que leurs priorités restent le changement climatique, la lutte contre le trafic de drogue et la sécurité alimentaire, malgré l’escalade diplomatique. Les autorités locales notent aussi la forte dépendance touristique à la Chine, les touristes chinois constituant la majorité des visiteurs, ce que l’ambassade américaine a critiqué en accusant Pékin de « se servir du tourisme comme d'une arme ». L’année précédente, l’opposition chinoise et celle des Îles Salomon avait conduit à l’exclusion de Taïwan du forum.
Parmi les absences, la Nouvelle‑Calédonie n’enverra pas le chef de son exécutif, le Vanuatu pas son Premier ministre, et les Îles Salomon ont dû se dérober en raison d’une crise politique intérieure; les Kiribati seront aussi privés de leur chef d’État. Ces manques fragilisent la possibilité d’adopter une déclaration commune sur l’essai de missile balistique mené par la Chine le mois dernier — déjà non condamné l’an dernier en raison de l’opposition des Kiribati et de Nauru.
Sur le volet sécurité, le sommet marque la première manifestation d’ampleur d’une coopération policière régionale, avec des policiers de plusieurs nations mobilisés. L’Australie, membre majeur, pousse pour plus d’autonomie régionale en matière de sécurité et rejette l’idée d’une présence policière chinoise aux Kiribati et aux Îles Salomon. Les dirigeants doivent enfin évoquer une réponse maritime coordonnée face à la montée du trafic de drogues dans la région.


