Pernod Ricard a publié un chiffre d’affaires trimestriel supérieur aux attentes, sans pour autant retrouver la croissance. Sur les trois premiers mois de son exercice, les ventes atteignent 2,23 milliards d’euros, en baisse organique de 0,9 % sur un an. Le consensus compilé par le groupe anticipait un recul de 1,7 %.

Le dépassement des attentes tient à une résistance globale meilleure que prévu, mais les deux marchés les plus surveillés restent sous pression. En Chine, le chiffre d’affaires recule de 25 %. Aux États-Unis, il diminue de 10 %. Le groupe avait déjà averti que des ajustements de stocks pèseraient sur ces deux zones. La direction n’envisage pas de retour à la croissance sur le marché américain avant 2029, ce qui limite la perspective d’un rebond rapide.

La situation est plus favorable ailleurs. Dans la région « Reste du Monde », hors Chine et États-Unis, les ventes progressent de 4 %. L’Inde se distingue avec une hausse de 19 %, alors que l’Europe recule de 6 %. Ce contraste illustre la dépendance croissante de la trajectoire du groupe à la capacité des marchés dynamiques à compenser les zones matures ou en déstockage.

Pernod Ricard, propriétaire notamment de Martell, Mumm et Absolut, confirme ses objectifs annuels et à moyen terme. Le groupe vise toujours un chiffre d’affaires organique globalement stable en 2027. Cette confirmation rassure sur le scénario central, mais elle suppose que les baisses en Chine et aux États-Unis ne s’aggravent pas et que les relais comme l’Inde conservent leur rythme.

Pour les investisseurs, l’écart positif par rapport au consensus est encourageant, mais la qualité du redressement reste incomplète. Le trimestre montre une meilleure résistance plutôt qu’une reprise généralisée. Les prochains indicateurs devront préciser la normalisation des stocks, l’évolution des volumes et la capacité du groupe à préserver ses marges dans un contexte géographique très contrasté.