La Chine poursuit le rééquilibrage de son modèle économique en donnant davantage de poids à la consommation et à l’investissement intérieurs. Selon le Bureau national des statistiques chinois, ces deux composantes ont représenté plus de 80 % de la croissance du PIB au premier semestre 2026, période durant laquelle l’activité a progressé de 4,7 %. Plusieurs économistes cités estiment que la taille du marché intérieur constitue une protection face aux tensions commerciales et géopolitiques.
Les autorités ont multiplié les dispositifs destinés aux ménages. L’accès à l’épargne du fonds de prévoyance logement doit être élargi aux rénovations, aux frais de gestion immobilière et au paiement des loyers. Depuis le 1er août, les subventions d’intérêts couvrent également toutes les catégories de nouvelles transactions par carte de crédit réglées en plusieurs échéances. Pékin a par ailleurs distribué 187,5 milliards de yuans sur les 250 milliards prévus cette année pour soutenir la reprise de biens de consommation, un mécanisme annoncé comme devant se poursuivre jusqu’en 2027.
Les entreprises étrangères peuvent aussi profiter de ces incitations. Apple indique notamment bénéficier des aides à la reprise appliquées aux smartphones, tablettes et montres connectées, avec un traitement identique pour les marques chinoises et étrangères. Le développement de la consommation de services, particulièrement dans les zones rurales et l’ouest du pays, est présenté comme un autre relais potentiel pour les prochaines années.
La dynamique demeure toutefois fragile. Sur les huit premiers mois de 2026, les ventes au détail n’ont progressé que de 1,1 % sur un an, contre 4,6 % sur la même période de 2025. En août, leur hausse a ralenti à 0,4 %. La crise immobilière pèse sur les achats de meubles, d’électroménager et de rénovation, tandis que la baisse de la valeur des logements et l’endettement limitent la propension à dépenser. Parmi les pistes avancées figurent une progression plus forte des revenus, des dividendes plus élevés pour les actionnaires des sociétés cotées, des baisses de taux et davantage d’émissions obligataires publiques.


