La Corée du Nord a réagi avec virulence aux projets japonais d’augmentation du budget de la défense, qualifiant ces mesures de préparation d’une « guerre d’agression ». L’Agence centrale de presse coréenne (KCNA) affirme que la demande du ministère japonais, estimée par des médias locaux à 8.900 milliards de yens (48 milliards d’euros), « battra une nouvelle fois tous les records historiques » et traduit, selon Pyongyang, une « augmentation dangereuse du budget de la guerre ».

La KCNA ajoute que cette « augmentation massive des dépenses militaires » mènera à un renforcement de la puissance militaire visant à finaliser des préparatifs agressifs. Le commentaire intervient alors que le Japon, dirigé par la Première ministre Sanae Takaichi, procède à une refonte majeure de sa stratégie de défense nationale, l’amenant à lever des tabous post‑Seconde Guerre mondiale : levée de l’interdiction des exportations d’armes, renforcement des accords de défense et déploiement de lance‑missiles sur des îles périphériques.

Le contexte régional alimente les inquiétudes. Les États-Unis, alliés de Tokyo et Séoul, cherchent simultanément à ajuster leurs relations avec Pyongyang: le texte rappelle que le président Donald Trump a réduit l’ampleur des exercices annuels avec la Corée du Sud et a annoncé son intention de rencontrer Kim Jong Un. De son côté, la Chine, alliée clé de la Corée du Nord, a exprimé son souci face à ce qu’elle qualifie de « nouveau militarisme » japonais.

Malgré ces évolutions, le ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi a réaffirmé la détermination du gouvernement à préserver la voie pacifiste du pays après la guerre, lors d’une visite dans un sanctuaire honorant les morts de la Seconde Guerre mondiale. Le débat autour du rôle militaire du Japon se déroule donc entre pressions internes pour renforcer la défense et réactions régionales inquiètes.