La Réserve fédérale conserve un biais restrictif, mais ne paraît pas pressée d’agir. Le compte rendu de la réunion de septembre montre que la plupart des responsables considèrent qu’une nouvelle hausse des taux serait probablement appropriée avant la fin de l’année. Le comité avait relevé à l’unanimité sa fourchette directrice de 25 points de base, à 3,75 %-4 %, afin de rapprocher plus rapidement l’inflation de l’objectif de 2 %.

Les désaccords portent surtout sur l’ampleur du resserrement restant. De nombreux participants voient dans des taux plus élevés une assurance contre une inflation persistante, alimentée soit par une demande solide, soit par de nouveaux chocs d’offre. D’autres considèrent simplement cette trajectoire comme la réponse nécessaire à leur scénario central. Plusieurs responsables jugent que les taux actuels sont peu restrictifs, voire pas restrictifs.

Deux risques sont particulièrement surveillés : la hausse des coûts de l’énergie et les investissements massifs liés à l’intelligence artificielle. Ces facteurs pourraient diffuser des pressions sur un éventail plus large de prix. La Fed souhaite cependant observer les nouvelles données économiques et l’évolution des conditions financières avant de décider.

Les prises de parole récentes illustrent la dispersion des opinions. Lorie Logan, présidente de la Fed de Dallas, estime qu’au moins 50 points de base de hausses supplémentaires sont nécessaires. John Williams, président de la Fed de New York, envisage une seule hausse cette année tout en jugeant possible d’attendre. Le vice-président Philip Jefferson reconnaît la persistance des risques inflationnistes, mais souhaite également examiner les conditions financières.

Les marchés privilégient désormais une pause en octobre, suivie d’une hausse en décembre. Pour les investisseurs, cette séquence maintient une pression sur les obligations longues, les valeurs de croissance et les actifs sensibles au coût du financement. Un ralentissement de l’inflation pourrait repousser l’ajustement ; de nouvelles tensions sur l’énergie ou la demande renforceraient le scénario d’une hausse.