La Réserve fédérale américaine a relevé sa fourchette cible de taux de 25 points de base, à 3,75 % - 4 %, une première hausse depuis 2023. La décision intervient alors que l’économie américaine demeure solide et que l’inflation reste alimentée par des prix du pétrole élevés. Le communiqué du comité de politique monétaire a peu changé, mais il insiste sur la résistance de la consommation et sur la nécessité de ramener plus rapidement l’inflation vers l’objectif de 2 %.

Kevin Warsh, nommé à la présidence de la Fed en janvier, a justifié son évolution par trois facteurs : le raffermissement de l’activité américaine, la trajectoire de l’inflation et les tensions géopolitiques qui soutiennent les cours du pétrole. Cette position tranche avec les attentes initiales d’une politique plus accommodante. Elle illustre aussi les limites du pouvoir individuel du président de la Fed, puisque les décisions sont prises collectivement par les douze membres votants du comité.

Les projections de taux publiées par les responsables monétaires ne décrivent cependant pas un long cycle de hausse. Elles font apparaître une hausse supplémentaire possible avant la fin de 2026, aucune en 2027, puis des baisses en 2028 et 2029. Le scénario central ressemble donc davantage à une réponse ponctuelle au regain d’inflation qu’à un changement complet de doctrine.

Le président de la Fed a par ailleurs indiqué que la lutte contre l’inflation ne devait pas se faire au prix d’une détérioration excessive du marché du travail. Cette réserve réduit la probabilité d’une série rapide de relèvements. Pour les marchés, la prochaine étape dépendra surtout de la confirmation, ou non, de la pression inflationniste liée à l’énergie et de la capacité de l’activité américaine à rester robuste malgré des conditions financières plus restrictives.