La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt de 2,25% à 2,5% le 10 septembre 2026, après une première hausse en juin. L'inflation en zone euro a atteint 3,3% en août, son niveau le plus élevé en trois ans, en grande partie sous l'effet d'un baril de Brent passé au‑dessus de 100 dollars le 9 septembre, conséquence des tensions entre Washington et Téhéran et du conflit houthi-saoudien.

La décision illustre le dilemme de la BCE: agir pour maîtriser les anticipations inflationnistes alors que le choc est essentiellement d'offre énergétique et ne peut être résolu par la politique monétaire. L'inflation sous-jacente, hors énergie et alimentaire, est à 2,4%, moins préoccupante, mais les autorités craignent des effets de second tour (hausses salariales et répercutées par les entreprises) susceptibles de rendre l'inflation plus durable.

Les projections officielles maintiennent l'inflation à 3,0% en 2026 et la portent à 2,5% en 2027. La BCE a relevé l'ensemble de ses taux directeurs (taux de dépôt, refinancement et prêt marginal) pour envoyer un signal clair: elle n'acceptera pas d'ancrage élevé des anticipations. Nadia Gharbi (Pictet Wealth Management) estime qu'aucun changement significatif n'est attendu par rapport aux projections de juin, tandis qu'Édouard Faure (Swiss Life Asset Managers France) souligne le risque que le resserrement pénalise l'économie réelle.

Les autorités jugent que la zone euro, avec une croissance revue à 0,9% pour 2026 et 1,4% pour 2027 et un marché du travail robuste, peut absorber un resserrement modéré. Le communiqué évoque toutefois une incertitude marquée: une nouvelle hausse du pétrole, une intensification géopolitique ou une montée rapide des salaires pourraient contraindre la BCE à relever encore ses taux (Kamil Kovar, Moody's Analytics, évoque un taux de dépôt à 3% d'ici fin d'année), tandis qu'une détente du conflit ou un fort ralentissement économique freinerait cette dynamique.