La Réserve fédérale américaine a laissé ses taux directeurs inchangés dans une fourchette de 3,75 % à 4 %, conformément aux attentes. Derrière ce statu quo, le vote à dix voix contre deux révèle néanmoins un débat plus tendu. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, et la gouverneure Lisa Cook ont préféré une hausse de 25 points de base.
Cette double dissidence a modifié les anticipations pour la réunion du 9 décembre. La probabilité implicite d'une hausse des taux est passée de 72,8 % à 79,8 %. Le message essentiel n'est donc pas l'absence de mouvement immédiat, mais le risque d'un nouveau resserrement si l'inflation reste trop élevée ou si l'activité conserve sa vigueur.
Les marchés actions ont réagi calmement. Le S&P 500 a gagné 0,28 % à 7 743,98 points, le Nasdaq Composite 0,27 % à 26 549,85 points et le Dow Jones 0,19 % à 52 475,10 points. Le marché obligataire est apparu plus prudent, avec un rendement du bon du Trésor américain à dix ans maintenu au-dessus de 5 %, à 5,02 % en clôture. Le dollar s'est légèrement renforcé.
La Fed souligne qu'elle souhaite accumuler davantage d'informations avant de déterminer la trajectoire appropriée pour ramener l'inflation vers son objectif de 2 %. Cette approche conserve une option de hausse, tout en évitant de s'engager avant les prochaines données sur les prix, l'emploi et la croissance.
Pour l'investisseur français exposé aux actions américaines, un environnement de taux élevés produit des effets contrastés. Les banques peuvent bénéficier de marges d'intérêt plus confortables, à condition que le coût des dépôts, le risque de crédit et la demande de prêts restent maîtrisés. Les sociétés très endettées et les valeurs dont la valorisation repose sur des bénéfices lointains peuvent, au contraire, subir une pression accrue. La hausse du dollar peut soutenir la performance en euros des actifs américains non couverts, mais cet effet peut s'inverser rapidement.
La réaction limitée de Wall Street ne doit donc pas être confondue avec une disparition du risque monétaire. Le rendement à dix ans au-dessus de 5 % maintient une concurrence forte entre obligations et actions. Les prochaines statistiques d'inflation et d'emploi seront décisives pour confirmer ou contredire la probabilité élevée d'une hausse en décembre. Une nouvelle accélération des prix renforcerait le scénario restrictif, tandis qu'un ralentissement net pourrait faire reculer les rendements et modifier rapidement les secteurs privilégiés par le marché.


