Les données récentes de l’Insee modifient sensiblement le panorama macroéconomique français pour 2026. Le PIB du deuxième trimestre est ressorti à +0% (au lieu de +0,2% anticipé) et la lecture du premier trimestre a été revue à la baisse, passant d’un recul initial de 0,1% à -0,2%. Ces révisions rapprochent la France de la définition statistique d’une récession, qui suppose deux trimestres consécutifs de contraction du PIB.

L’économiste Marc Touati tire la sonnette d’alarme et estime, dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, que «la récession est bien en marche». Il met en avant deux éléments concrets: le taux à dix ans de la dette française, qui atteint 4,134% — un niveau inégalé depuis 2008 — et un déficit public structurel plus élevé qu’avant la dernière grande crise financière. Ainsi, le déficit était de 3,3% avant 2007, contre 5,1% aujourd’hui, ce qui, selon lui, réduit les marges de manœuvre budgétaires en cas de choc.

Malgré ces signes, l’agence de notation Fitch a maintenu la note de la dette française à A+. Le maintien de cette notation indique que certains paramètres fondamentaux restent jugés résistants par les agences, mais n’écarte pas les risques soulignés par Touati concernant un éventuel ralentissement plus prononcé.

Le timing de ces annonces est d’autant plus sensible que le gouvernement doit présenter son projet de budget à l’Assemblée nationale le 30 septembre. Les prochaines décisions budgétaires et l’évolution des taux d’intérêt sur la dette seront scrutées au regard de la trajectoire du PIB et des risques de basculement en récession.