La France développe depuis 2021 le programme Yoda afin de renforcer sa capacité d’action dans un espace devenu plus contesté. Le projet prévoit deux petits satellites identiques de quelques dizaines de kilogrammes, conçus comme des démonstrateurs technologiques et destinés à évoluer en orbite géostationnaire, à environ 36 000 kilomètres de la Terre.

Yoda poursuit trois objectifs. Le système doit démontrer une capacité de surveillance et de manœuvre près d’objets non coopératifs, permettre aux armées de s’entraîner aux opérations spatiales et contribuer à définir un concept d’emploi. L’un des satellites servira de cible à l’autre pour tester la détection, la poursuite, l’inspection en orbite et la simulation d’actions de défense active.

Le Cnes intervient pour le compte du ministère des Armées comme maître d’ouvrage délégué et maître d’œuvre système. Il fournit aussi la charge utile, tandis que la fabrication des plateformes est confiée à Hemeria. Les solutions doivent être développées en France ou en Europe afin de préserver la souveraineté technologique du programme.

Yoda devrait être lancé avant la fin de la décennie. Il doit compléter Paladin, projet prévoyant l’utilisation d’un satellite commercial à partir de fin 2027 pour des manœuvres de proximité. Ces démonstrateurs préparent des capacités opérationnelles ultérieures de détection, d’attribution et de réponse aux menaces. Les contraintes restent élevées, notamment les radiations et la complexité des opérations à grande distance.