Lors d’un rassemblement à Dallas, Donald Trump a proposé de verser 5 000 dollars à chaque citoyen adulte si les Républicains remportent à la fois la Chambre des représentants et le Sénat. L’annonce vise clairement à stimuler l’adhésion d’électeurs sensibles au pouvoir d’achat, alors que son taux d’approbation national est tombé à 38 % selon une moyenne de sondages. Le contexte politique est tendu : les Républicains risquent de perdre leur majorité au Congrès lors des prochains scrutins de mi-mandat.

Le coût de l’opération est massif. En s’appuyant sur le recensement de 2020, près de 260 millions d’adultes se traduiraient par une dépense d’environ 1 300 milliards de dollars. Cette somme dépasse le budget de la défense envisagé pour l’année suivante et représenterait presque un cinquième du budget fédéral 2025 estimé à 7 000 milliards. Le financement d’un tel paiement se heurterait aux contraintes déjà fortes : taux d’emprunt en hausse, déficit public élevé et dette nationale ayant franchi le seuil des 40 000 milliards de dollars (123 % du PIB).

Historiquement, ce n’est pas la première promesse monétaire de Trump : l’an passé il avait évoqué des chèques de remboursement des droits de douane à 2 000 dollars qui n’ont pas été mis en œuvre, et pendant la pandémie 140 millions d’Américains ont reçu des paiements individuels de 1 200 dollars qui portaient son nom. Ces précédents montrent que des promesses généreuses peuvent être utilisées comme outil de communication politique sans se traduire systématiquement en mesures concrètes.

Sur la légalité, plusieurs spécialistes cités estiment que la promesse pourrait ne pas être illégale aux États-Unis, relevant de la liberté d’expression protégée et conforme à une jurisprudence de la Cour suprême relative aux promesses financières en contexte électoral. Malgré cela, des observateurs la jugent surtout comme une tactique désespérée de mobilisation électorale plutôt qu’une proposition viable économiquement.