Les cours du pétrole ont franchi un seuil psychologique majeur mercredi : le Brent de la mer du Nord est monté à 100,96 dollars (+3,10 %) et le WTI américain à 95,95 dollars (+3,14 %). Cette poussée intervient après une série d’incidents navals dans le Golfe et l’annonce par l’Iran de frappes contre une vingtaine de navires, dont deux américains, en riposte à des frappes contre des pétroliers iraniens.
La réaction des marchés a été immédiate : Wall Street a ouvert en baisse (Dow Jones -0,41 %, Nasdaq -0,36 %, S&P 500 -0,17 %) et les principales places européennes ont clôturé en recul (Paris -1,52 %, Francfort -1,68 %, Londres -1,07 %, Milan -0,79 %). Les investisseurs redoutent une amplification des pressions inflationnistes liée au coût de l’énergie, ce qui réduit l’appétit pour le risque.
Les commentaires d’analystes soulignent le double risque d’un choc sur la croissance et d’une hausse des prix : un pétrole au-dessus de 100 dollars accroît les risques conjoncturels en Europe et aux États-Unis et renforce la pression sur les banques centrales pour resserrer leur politique monétaire. La hausse conjointe du gaz naturel renforce ces inquiétudes et complexifie la trajectoire de l’inflation.
À la veille d’une réunion de la Banque centrale européenne, la perspective d’une hausse de 25 points de base du taux de dépôt à 2,5 % a pris de l’épaisseur. Sur le marché obligataire, le rendement du Bund 10 ans s’établissait près de 3,40 % et l’OAT 10 ans français à 4,29 %, traduisant un ajustement des taux longs face au nouveau risque inflationniste.
Plusieurs professionnels estiment qu’après une hausse des taux en septembre, une pause pourrait s’imposer en raison de la fragilité de la croissance, alors que l’origine de l’inflation récente est largement énergétique et liée au conflit au Moyen-Orient. Le contexte reste donc hautement sensible aux développements géopolitiques et aux publications économiques à venir.

