Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent revendique un rôle exceptionnellement actif dans le soutien du yen, déclarant lors d’un événement à la Southern Methodist University qu’il a une « assez bonne idée » des décisions à venir de la Banque du Japon grâce à sa coordination avec les responsables japonais. Il a lancé un défi direct aux marchés en affirmant que les traders peuvent « parier contre moi si vous le souhaitez », soulignant la portée de son implication.
Sur le terrain, cette posture s’accompagne d’actions concrètes : Bessent a travaillé avec la ministre japonaise des Finances Satsuki Katayama sur une intervention monétaire et a encouragé la BOJ à relever ses taux d’intérêt. Une hausse des taux limiterait les besoins du Japon à vendre des Treasuries pour financer l’intervention et soutiendrait mécaniquement le yen. Des sources évoquent la possibilité d’une hausse d’un quart de point lors de la réunion de la BOJ du 18 septembre.
Les marchés ont déjà réagi : le dollar-yen s’est échangé autour de ¥153,6 mercredi, après des pics supérieurs à ¥155 ces dernières semaines. Les hedge funds parient désormais sur une baisse de la paire sous ¥150 d’ici la fin de l’année, avec certaines options tablant même sur un repli vers ¥140, reflétant des anticipations d’un renforcement marqué du yen.
Le Japon a déployé des moyens massifs pour défendre sa monnaie : entre le 30 juillet et le 26 août, Tokyo a dépensé un niveau record de 96,4 milliards de dollars, avec une participation américaine aux achats de yens. Parallèlement, Bessent a élargi un programme de rachat de titres du Trésor plus anciens, présenté comme une mesure destinée à apaiser une « fièvre » sur le marché obligataire.
La crédibilité de cette stratégie dépendra largement de la décision de la BOJ sur les taux ce mois-ci et de la réaction des investisseurs à la combinaison d’interventions bilatérales et de politique monétaire.


