Wall Street aborde une semaine chargée, où les résultats bancaires et les statistiques d’inflation devront confirmer la résistance des bénéfices face à des taux longs très élevés. Le S&P 500 a récemment inscrit un sommet de clôture et affiche une progression supérieure à 13 % depuis le début de l’année. Cette solidité contraste avec le rendement du Treasury à dix ans, proche de 5,23 % après avoir atteint un niveau inédit depuis vingt-quatre ans.

Les premières publications viendront des grandes banques. JPMorgan, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo doivent présenter leurs comptes mardi 13 octobre. Morgan Stanley et Bank of America suivront mercredi 14 octobre. Ces résultats fourniront des indications sur les dépenses des ménages, la qualité du crédit, les coûts de financement et l’activité des marchés de capitaux. L’indice bancaire du S&P 500 a reculé de 9 % sur un mois, ce qui accroît l’importance des commentaires de direction et du niveau des provisions.

Le consensus compilé par LSEG anticipe une hausse de plus de 30 % des bénéfices du S&P 500 au troisième trimestre. Ce chiffre élevé crée une barre exigeante : de bons résultats peuvent déjà être intégrés dans les cours, tandis qu’une déception sur les marges ou les perspectives pourrait peser rapidement sur les valorisations.

Le second test sera macroéconomique. L’indice américain des prix à la consommation de septembre sera publié mercredi. Un sondage Reuters attend une inflation annuelle de 3,6 % et une inflation sous-jacente de 2,5 %. Les prix à la production et les ventes au détail seront publiés jeudi. Ces données précéderont la réunion de la Réserve fédérale des 27 et 28 octobre.

Pour les investisseurs, le risque principal vient de la combinaison entre attentes bénéficiaires élevées et coût du capital durablement tendu. Une inflation plus persistante renforcerait le scénario de nouvelles hausses de taux et la pression sur les multiples boursiers. À l’inverse, des banques solides et une inflation contenue pourraient soutenir la confiance, sans supprimer le risque de volatilité autour des annonces.