AirTrunk, opérateur australien de centres de données soutenu par Blackstone, a sécurisé un prêt vert de 4,25 milliards de dollars australiens, soit environ 2,98 milliards de dollars américains. Les fonds doivent financer la poursuite du développement du campus hyperscale SYD3, situé dans l’ouest de Sydney.
Le projet vise à renforcer les capacités destinées au cloud, à l’intelligence artificielle et aux autres services numériques utilisés par les entreprises et les administrations australiennes. L’extension du site devrait être achevée d’ici le milieu de l’année 2028. AirTrunk estime que le chantier pourrait soutenir plus de 10 000 emplois dans la construction, l’ingénierie, la logistique, la sécurité et les métiers spécialisés.
L’ampleur du syndicat bancaire est notable. Trente-deux institutions locales et internationales participent au financement, dont quatorze banques chefs de file. DBS Bank, MUFG, National Australia Bank, HSBC et UOB figurent parmi les établissements engagés. Sumitomo Mitsui Banking Corporation, HSBC et UOB ont assuré la coordination du prêt vert.
Cette opération porte à environ 38,4 milliards de dollars australiens le total des financements par emprunt engagés par AirTrunk dans le monde. Plus de 19,8 milliards concernent ses projets en Australie. Le groupe dispose ainsi d’une capacité financière importante pour accompagner la croissance de la demande numérique, mais son niveau d’endettement et les flux générés par les futurs clients devront rester cohérents.
Le succès du financement intervient dans un environnement moins favorable qu’auparavant. Les investisseurs deviennent plus prudents face aux projets d’IA très consommateurs de capitaux. L’opérateur australien NextDC a récemment décidé de suspendre ses nouveaux développements et acquisitions foncières, tout en abaissant ses prévisions de chiffre d’affaires. Firmus, soutenu par Nvidia, a de son côté reporté un projet d’introduction en Bourse évalué à 5 milliards de dollars.
Pour l’investisseur, la capacité d’AirTrunk à réunir 32 prêteurs constitue donc un signal de confiance dans le site SYD3 et dans son modèle. Elle montre également que les projets considérés comme solides peuvent encore accéder à des montants élevés, même lorsque le marché du crédit devient plus sélectif.
Le caractère vert du prêt ne garantit toutefois pas à lui seul la rentabilité ou la performance environnementale. Les critères précis, le coût de la dette, les engagements de consommation énergétique et les contrats commerciaux du campus ne sont pas détaillés. Les principaux risques restent le coût de l’électricité, les retards de construction, la disponibilité du réseau et l’utilisation réelle des capacités à partir de 2028.

