La bataille de gouvernance chez Ethan Allen entre dans une phase décisive. Glass Lewis, l’un des principaux cabinets américains de conseil en vote, recommande aux actionnaires du fabricant de meubles de soutenir les cinq candidats proposés par Doug Bergeron et DGB Investments. Cette position renforce la campagne de l’investisseur activiste avant l’élection du conseil d’administration prévue le 4 novembre.
Bergeron et DGB détiennent 5,2 % du capital d’Ethan Allen, une entreprise presque centenaire valorisée environ 515 millions de dollars selon la source. Leur objectif est de remplacer les cinq administrateurs actuels, dont Farooq Kathwari, directeur général depuis 38 ans. Glass Lewis juge le programme stratégique et financier des dissidents crédible et estime leur équipe mieux préparée pour répondre au recul opérationnel et à la destruction de valeur dénoncés par l’activiste.
Le soutien du cabinet n’est pas isolé. Egan-Jones Proxy Services avait déjà recommandé les cinq candidats de Bergeron. En revanche, Institutional Shareholder Services, autre acteur influent du conseil en vote, n’avait pas encore rendu son avis au moment de la publication. Le résultat reste donc ouvert, même si l’accumulation de recommandations favorables augmente la pression sur le conseil en place.
La contestation repose aussi sur la performance boursière. Le titre Ethan Allen a perdu plus d’un quart de sa valeur sur douze mois et a clôturé vendredi à 20,45 dollars. Bergeron affirme que sa liste pourrait rétablir une croissance rentable et potentiellement tripler la valeur pour les actionnaires en trois ans. Cet objectif constitue une promesse de l’activiste, pas une prévision vérifiée. Sa réalisation dépendrait de l’exécution commerciale, de la maîtrise des investissements et d’un redressement durable des opérations.
Ethan Allen a annoncé qu’un successeur à Kathwari serait nommé au plus tard le 30 juin 2027. Le dirigeant, âgé de 82 ans, resterait aux commandes pendant la recherche et conserverait un siège au conseil jusqu’à l’assemblée annuelle de 2027. Bergeron considère ce calendrier trop tardif.
Pour l’investisseur, l’enjeu immédiat porte moins sur les ventes de meubles que sur le contrôle du capital et la capacité du futur conseil à imposer une transition crédible. Une victoire des dissidents pourrait soutenir les anticipations de changement, mais elle ne garantirait ni amélioration rapide des marges ni revalorisation durable. À l’inverse, le maintien du conseil actuel laisserait entière la question de la succession et pourrait prolonger l’incertitude stratégique.


