Pharming a publié un troisième trimestre en forte amélioration, avec un chiffre d’affaires en hausse de 21 % à 117,6 millions de dollars. Le bénéfice opérationnel a progressé de 89 %, à 29,9 millions, contre 15,8 millions un an plus tôt. Ces chiffres confirment les indications préliminaires communiquées le 22 octobre.
La rentabilité a bénéficié de la croissance des ventes et de subventions publiques consacrées à la recherche et au développement. Hors une dépréciation exceptionnelle de stocks de fabrication de 5,1 millions de dollars, le bénéfice opérationnel ajusté atteint 35 millions. Le bénéfice net a presque triplé, passant de 7,5 à 22,4 millions, grâce à l’activité et à une amélioration du résultat financier.
Les deux médicaments commercialisés ont contribué à la progression, mais selon des rythmes différents. RUCONEST, utilisé contre les crises aiguës d’angio-œdème héréditaire, a généré 93,8 millions de dollars au trimestre, en hausse de 14 %. Cette performance reflète notamment une stabilisation de la demande américaine et une reconstitution saisonnière des stocks chez une pharmacie spécialisée après d’importants déstockages. Sur neuf mois, ses ventes restent toutefois en baisse de 3 %, à 224,5 millions, ce qui invite à ne pas extrapoler mécaniquement le rebond trimestriel.
Joenja, destiné aux patients atteints d’un déficit en PI3K delta activé, affiche une dynamique plus forte. Ses revenus ont augmenté de 58 % à 23,8 millions de dollars. Le nombre de patients américains bénéficiant d’un traitement remboursé a atteint 136 fin septembre, contre 116 un an auparavant. Les lancements en Allemagne et au Japon ont également soutenu les ventes, avec un effet temporaire lié au calendrier des commandes internationales.
Pharming resserre sa prévision de chiffre d’affaires 2026 entre 380 et 390 millions de dollars, contre 375 à 395 millions auparavant. Le groupe abaisse aussi son estimation de charges opérationnelles à 310-315 millions, au lieu de 315-320 millions. La génération de trésorerie opérationnelle a atteint 32,4 millions au trimestre, tandis que la trésorerie et les titres négociables totalisaient 190,9 millions fin septembre.
Pour l’investisseur, l’amélioration des marges et la croissance de Joenja renforcent le dossier, mais plusieurs incertitudes demeurent. Le directeur général Fabrice Chouraqui a quitté ses fonctions fin septembre et deux dirigeants assurent l’intérim. Les données de phase II du léniolisib dans une autre indication sont attendues en novembre, tandis que le recrutement de l’essai FALCON sur le napazimone devrait s’achever au premier semestre 2027.
La valorisation dépendra donc autant de la qualité des ventes récurrentes que des progrès cliniques. Il faudra vérifier que RUCONEST se stabilise réellement, que Joenja poursuit son adoption et que la transition de direction ne ralentit pas l’exécution.


