Bank of America maintient sa recommandation d’achat sur Micron Technology après avoir rencontré plusieurs membres de la direction du groupe à New York et Boston. Les échanges ont réuni notamment le directeur des opérations Manish Bhatia, le directeur technologique Scott DeBoer et le directeur financier Mark Murphy. Pour la banque, ces réunions confortent la position de Micron dans les mémoires et améliorent la visibilité sur l’équilibre entre l’offre et la demande jusqu’en 2027 et 2028.

Le point le plus structurant concerne les accords d’approvisionnement et de capacité. Micron discute désormais avec certains clients sur un horizon d’environ cinq ans au-delà de 2030, et des négociations portant sur 2031 seraient déjà engagées. Ces contrats prévoient des volumes de bits garantis ainsi que des engagements financiers. La société estime qu’environ 35 % de son chiffre d’affaires pourrait relever de ce cadre, avec un objectif de 50 % d’ici 2030. Pour l’investisseur, cette contractualisation peut réduire la volatilité commerciale d’une industrie historiquement très cyclique, sans toutefois supprimer le risque de baisse des prix.

La demande reste portée par l’intelligence artificielle et les centres de données. D’après la direction, les spécifications actuelles des systèmes reflètent surtout les contraintes de disponibilité de la mémoire, plutôt qu’un manque de capacités de calcul, d’espace, d’énergie ou d’infrastructure. Les fabricants de processeurs graphiques et les grands opérateurs de centres de données adaptent donc leurs configurations aux composants réellement disponibles. Cette situation soutient le pouvoir de négociation des producteurs, mais elle peut aussi retarder certaines livraisons si les capacités ne progressent pas assez vite.

Micron développe en parallèle sa feuille de route technologique. Dans la mémoire à haute bande passante, ou HBM, le groupe indique pouvoir proposer des empilements allant de quatre à seize couches et des versions personnalisées pour certaines applications. Dans la DRAM, quatre générations de procédés supplémentaires sont prévues après le nœud 1-gamma, avec une production en volume du 1-delta visée au second semestre 2027. Dans la NAND, la génération G11 doit dépasser 400 couches et doubler la capacité en bits de la G9 d’ici fin 2027.

La direction prévoit également d’accroître les rachats d’actions à partir du flux de trésorerie disponible à compter du 9 décembre. Cet élément peut soutenir le bénéfice par action, mais dépendra de la conversion des investissements industriels en trésorerie.

Le scénario reste favorable si la demande HBM progresse, si les contrats de long terme sécurisent les volumes et si les nouvelles générations arrivent dans les délais. Les principaux risques sont une normalisation plus rapide des prix, des dépenses d’investissement trop élevées, un retard technologique ou un ralentissement des commandes liées à l’IA. Les prochaines publications devront confirmer que l’amélioration de la visibilité se traduit réellement dans les marges et le flux de trésorerie.