Le 7 août, l’écart entre le spot et les contrats à terme Bitcoin sur le Chicago Mercantile Exchange (CME) a offert des rendements annualisés compris entre 5,69 % (décembre) et 7,89 % (août), contre 4,19 % pour le bon du Trésor à deux ans ce même jour. Avec le benchmark spot CME New York à 64 880 $ et le contrat d’août à 65 175 $, la prime de couverture a temporairement dépassé le rendement souverain.
Cette configuration intervient alors que les rendements obligataires américains sont élevés : le 30 ans a atteint 5,27 %, son plus haut depuis 2007, et les stratégistes de Reuters restent prudents, anticipant un reflux partiel des taux mais jugeant plus probable une hausse que le respect des prévisions médianes. Les tensions viennent surtout des rendements réels, non d’un choc d’inflation attendu, les investisseurs demandant une prime accrue face aux déficits et à l’important volume d’émissions.
Sur le marché crypto, la dynamique est soutenue par des flux spot conséquents : selon Farside, les ETF Bitcoin spot américains ont absorbé 865 M$ la semaine close le 7 août, l’IBIT de BlackRock captant environ 694 M$, soit près de 80 % du total. Les données du CME montrent par ailleurs un repositionnement des hedge funds en position haussière sur Bitcoin pour la première fois depuis plusieurs années, marquant un possible changement structurel du positioning.
Reste que plusieurs frictions limitent l’arbitrage pur : coûts de financement, marges et frais grèvent le spread brut entre spot et futures. Des études, dont une de la Banque des règlements internationaux, montrent que le carry trade crypto peut théoriquement exploser en période de boom, mais que les coûts opérationnels empêchent souvent le rétrécissement complet de l’écart. Le spread net et l’open interest du CME, ainsi que les flux ETF et les résultats du CPI de juillet attendus mercredi, sont les éléments clés à suivre pour apprécier la durabilité de ce phénomène.


