Ratko Mladic, l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie condamné pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, doit être enterré à Belgrade lors d'une cérémonie qui devrait rassembler des milliers de personnes. Décédé fin août à 84 ans à La Haye, où il purgeait une peine à perpétuité prononcée en 2021 après neuf ans de procès, Mladic a été arrêté en 2011 après seize ans de cavale.
Son cercueil, recouvert de drapeaux nationaux, a été transporté en Serbie par un avion gouvernemental et accueilli avec des honneurs militaires. La dépouille sera exposée cinq heures dans une église avant un cortège vers un cimetière voisin. Lors du transfert depuis l’aéroport, des dizaines de jeunes hommes ont salué le convoi avec des banderoles et des fumigènes, et des policiers en uniforme ont été vus saluant le fourgon mortuaire.
La mort et la glorification de Mladic provoquent des réactions très vives. La commissaire européenne à l'élargissement, Marta Kos, a annulé une visite en Serbie, jugeant la célébration "incompatible" avec les valeurs de l'UE. Denis Becirovic, membre bosniaque de la présidence, a dénoncé une identification des autorités serbes avec "l'un des pires tueurs de l'histoire de l'Europe", estimant que cela pourrait avoir des conséquences imprévisibles pour la région.
Mladic reste pour beaucoup le visage militaire d'un trio responsable du carnage lors de la dislocation de l'ex-Yougoslavie. La guerre de Bosnie (1992-1995) a causé environ 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés; Mladic a notamment été reconnu coupable du massacre de Srebrenica, où près de 8.000 hommes et adolescents musulmans ont été tués en juillet 1995.
Des hommages ont déjà eu lieu: environ 300 personnes ont assisté à une cérémonie militaire à Belgrade organisée par une association de généraux. Parmi les présents figuraient son fils Darko Mladic, le ministre serbe de la Justice Nenad Vujic et des dirigeants de la Republika Srpska, dont son président Sinisa Karan. Le président serbe Aleksandar Vucic a annoncé que des dizaines de milliers de personnes étaient attendues et assuré que l'Etat garantirait la sécurité, tout en précisant qu'il n'assisterait pas aux obsèques.


