Les marchés européens du gaz ont poursuivi leur ascension lundi, prolongeant à quatre sessions la série de hausses pour les contrats de référence. Le NBP néerlandais pour livraison le mois prochain a progressé de 1,83% à 62,55 €/MWh, tandis que les contrats britanniques ont bondi de plus de 2% à 154,01 pence/therm, chacun affichant leur plus haut intrajournalier depuis le 24 juillet. Cette dynamique représente la plus longue séquence de gains pour les indices de référence du gaz européen depuis la fin juillet.

La flambée des prix s’explique principalement par une nette détérioration du risque géopolitique dans le golfe Persique. La rhétorique américaine envers Téhéran s’est durcie et Washington a menacé d’un blocus naval complet des ports iraniens si la libre circulation à travers le détroit d’Ormuz n’était pas rétablie. Les salles de marché intègrent désormais une prime de risque substantielle : des méthaniers chargés de GNL en provenance du Qatar sont immobilisés, et des cargaisons spot cruciales pour l’Europe sont retardées.

Ce risque de rupture d’approvisionnement intervient alors que les stocks européens sont à des niveaux historiquement bas pour la mi-août, avec des cavernes de stockage de l’UE remplies à seulement 59% selon Gas Infrastructure Europe. Des vagues de chaleur estivales ont accru la consommation pour climatisation et réduit les capacités d’injection, tandis que la concurrence asiatique sur le GNL spot exacerbe les tensions sur l’approvisionnement disponible.

Sur le plan structurel, la courbe des prix reste profondément en backwardation — la prime pour livraison immédiate décourage l’injection de gaz spot coûteux en stockage. Avec un calendrier macroéconomique européen calme en début de semaine, les acteurs se focalisent sur l’évolution géopolitique et ses implications pour les coûts énergétiques et la sécurité d’approvisionnement.