Les investisseurs semblent distinguer deux phases du cycle de l’intelligence artificielle. D’un côté, les fabricants de semi-conducteurs et d’équipements dépendent du rythme des investissements dans les centres de données. De l’autre, les éditeurs de logiciels peuvent bénéficier de l’adoption progressive de l’IA par les entreprises, à travers des abonnements et des fonctionnalités intégrées aux outils de travail.
En préouverture lundi, CrowdStrike progressait de 4,5 %. ServiceNow et Atlassian gagnaient chacun 3,5 %, Workday et Adobe 2,8 %, et Intuit 2,3 %. À l’inverse, Marvell reculait de 5,5 % et Intel de 4,9 %. Applied Materials perdait 4,6 %, Micron 4,4 %, AMD 4,1 %, Broadcom 3 % et Nvidia 2 %.
Le mouvement intervient après un essai de Dario Amodei, dirigeant d’Anthropic, proposant de mieux réguler les capacités les plus avancées et de ralentir leur progression. Ces inquiétudes ont été relayées par plusieurs grandes figures technologiques. Elles alimentent le scénario selon lequel les dépenses des fournisseurs de cloud pourraient plafonner, alors que l’usage des logiciels enrichis par l’IA continuerait de croître.
Pendant deux ans, logiciels et semi-conducteurs ont souvent progressé ensemble. Cette corrélation se fragilise avec les interrogations sur une éventuelle surcapacité des centres de données et sur le rythme futur des investissements dans l’entraînement des modèles. Les éditeurs SaaS sont davantage exposés aux budgets informatiques récurrents des entreprises, alors que les fournisseurs de matériel dépendent des dépenses d’investissement des hyperscalers.
La prochaine saison de résultats sera déterminante. Les commentaires de Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta sur leurs projets d’infrastructure permettront de confirmer ou d’infirmer cette rotation. Un durcissement de la Réserve fédérale resterait toutefois un risque pour les logiciels, car leurs valorisations élevées sont sensibles aux taux d’intérêt.

