Le ministère américain de la Défense reconnaît des tensions sur ses stocks de munitions dans un rapport de son Inspecteur général publié lundi. Le document examine l’opération menée contre l’Iran entre le 28 février et le 30 juin et évalue son coût à environ 33,4 milliards de dollars.
Sur ce total, 22,3 milliards de dollars auraient été consacrés aux munitions tirées. Le rapport estime que cette consommation a créé une pénurie dans les inventaires stratégiques et mis en évidence des goulets d’étranglement dans les capacités industrielles de reconstitution des stocks.
Le Pentagone affirme chercher à raccourcir les procédures d’acquisition, accélérer les délais de production et constituer des réserves de matériaux, composants et munitions essentiels. Il prévient néanmoins que l’augmentation des capacités industrielles exige des délais importants. Les priorités citées comprennent les intercepteurs Patriot, les systèmes THAAD et les missiles Tomahawk.
Cette situation peut affecter les arbitrages entre les besoins américains au Moyen-Orient et le soutien à l’Ukraine, qui réclame davantage de missiles intercepteurs. La presse avait déjà fait état d’un rationnement de certains équipements, tandis que l’administration américaine avait jusqu’ici contesté l’existence d’une pénurie.
Le rapport recense aussi les dommages subis par les forces américaines entre avril et juin. Il mentionne quatre F-15 détruits, un F-35 endommagé, sept avions ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits et jusqu’à 30 drones MQ-9 Reaper perdus. Plus de 50 000 militaires américains auraient été engagés dans le Golfe. Ces données soulignent à la fois l’intensité des opérations et le défi industriel posé par le renouvellement rapide des équipements.


