La Bourse de New York a plongé mercredi sous la pression d'une flambée du pétrole, jugée plus inquiétante pour ses conséquences potentielles que pour le simple dépassement d'un seuil symbolique. Vers 14h05 GMT, le Dow Jones reculait de 0,71 %, le Nasdaq de 0,23 % et le S&P 500 de 0,24 %. Les analystes cités notent que les indices reflètent désormais directement l'évolution des cours du brut.
Le Brent a franchi pour la première fois depuis juillet le cap des 100 dollars le baril, sur fond d'escalade au Moyen‑Orient. Les États‑Unis et l'Iran se sont livrés à de nouvelles frappes ciblant principalement des navires, plusieurs ayant pris feu dans le Golfe, tandis que Téhéran a instauré une nouvelle « zone interdite » à la navigation au large du détroit d'Ormuz. Les professionnels avertissent que le marché anticipe non seulement des perturbations actuelles, mais la probabilité de nouvelles interruptions d'approvisionnement.
Les répercussions sont déjà visibles côté consommation : l'Association automobile américaine (AAA) indique un niveau record pour le gallon de diesel en stations‑service, à 5,94 dollars en moyenne. Sur le plan monétaire, le resserrement des prix énergétiques alimente les anticipations d'une hausse des taux par la Réserve fédérale lors de sa réunion à venir, selon l'outil CME FedWatch. Dans les taux souverains, le rendement du bon du Trésor à dix ans remontait à 4,80 %, contre 3,94 % fin février.
Malgré ces tensions, l'absence de ventes de panique garde les indices proches de leurs records, et certaines valeurs technologiques ont progressé : Apple gagnait 0,36 % à 317,36 $ avant un grand événement produit, tandis que Meta montait de 5,29 % à 645,93 $ après le lancement d'un nouvel agent IA. Les spécialistes restent toutefois prudents, notant que la dynamique énergétique et géopolitique pourrait rapidement infléchir l'appétit pour le risque.

