Les prix du pétrole ont d’abord grimpé avant d’effacer une partie de leurs gains lundi : le Brent s’échangeait à 83,98$ le baril (+0,5%) et le WTI à 78,44$ (+0,3%), après que le Brent ait accumulé plus de 5% de hausse sur les trois séances précédentes. Les marchés restent focalisés sur les négociations entourant la réouverture du détroit d’Ormuz, voie stratégique dont la navigation reste restreinte et qui continue d’alimenter les craintes d’une perturbation durable des flux énergétiques du Golfe.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a indiqué qu’un accord avec Oman pour établir une route maritime dans le détroit était « très proche », mais a tempéré les attentes en précisant qu’une ouverture ne serait pas immédiate. Téhéran a en outre exclu pour l’instant des pourparlers directs avec Washington et a posé plusieurs conditions à une réouverture totale : fin du blocus naval américain, levée des sanctions et compensation pour dommages de guerre. Washington affirme cependant participer aux discussions sur la gestion de la voie d’eau, une affirmation contestée par l’Iran.

La situation s’est aggravée par une série d’attaques régionales : les militants houthis, soutenus par l’Iran selon la source, ont revendiqué une frappe contre la raffinerie saoudienne d’Aramco à Jazan (incendie maîtrisé) et des opérations contre un pétrolier saoudien dans le golfe d’Aden. ADNOC a déclaré que trois de ses pétroliers avaient été attaqués en transit par Ormuz la semaine passée. Des explosions près de l’île de Qeshm et des rapports d’attaques dans le détroit ont aussi fait bondir les cours vendredi.

Parallèlement, certains risques se sont atténués : l’Ukraine a accepté de ne pas cibler certains pétroliers non russes et des infrastructures en mer Noire, tandis que le terminal du Caspian Pipeline Consortium — vital pour environ 1,8 million de barils par jour d’exportations kazakhes — a subi des attaques répétées. Pour les analystes d’ANZ, la semaine a été volatile : les prix ont d’abord reculé après l’annonce d’une pause américaine dans les attaques contre l’Iran pour faciliter les négociations, puis ont rebondi lorsque l’éventuelle réouverture d’Ormuz s’est avérée conditionnée et restrictive.