Masoud Pezeshkian, président iranien et principal dirigeant élu au rôle surtout économique, a publiquement demandé la fin des hostilités avec les États‑Unis, estimant que la diplomatie était la voie préférable « aujourd’hui » alors que, selon lui, le pays possède encore influence et crédibilité. Ses propos, relayés par l’agence semi‑officielle ISNA, s’inscrivent dans une ligne partagée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, qui appellent également à privilégier des solutions diplomatiques et à recentrer l’effort sur la reprise économique après l’effondrement du cessez‑le‑feu.
Cette fracture politique interne oppose ces responsables modérés à des figures militaires et à des membres de la direction des Gardiens de la révolution, qui défendent la poursuite des opérations et affirment que l’Iran est en train de gagner. Les Gardiens ont par ailleurs adopté une « doctrine offensive » et procédé à des nominations militaires pour soutenir des actions en « territoire ennemi », souligne l’article.
Sur le plan économique, la guerre a fortement aggravé l’inflation en Iran et entraîné un affaiblissement historique de la monnaie nationale face au dollar. À la suite des déclarations de Pezeshkian, les contrats à terme WTI évoluaient quasi‑stable autour de 87 $ le baril vendredi. Parallèlement, Washington continue sa pression: le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent doit dévoiler des mesures visant à isoler économiquement l’Iran et ses partenaires commerciaux, et les États‑Unis menacent d’imposer des sanctions « sévères ». Le conflit, déclenché fin février après une campagne de bombardements menée par les États‑Unis et Israël, reste donc à la fois un enjeu militaire et un facteur de détérioration macroéconomique pour Téhéran.
Le débat interne entre une sortie diplomatique pour stabiliser l’économie et une logique d’escalade défendue par les militaires déterminera l’orientation prochaine de l’Iran et les répercussions internationales.
