Deutsche Bank estime que la récente correction des valeurs technologiques a rééquilibré leur profil risque-rendement. La banque relève le secteur mondial à surpondérer, considérant que les inquiétudes sur la demande liée à l’intelligence artificielle sont désormais largement intégrées dans les cours. Cette opinion intervient après une rotation particulièrement brutale, et non après une simple baisse isolée.

En trois semaines, les grandes valeurs de croissance et la technologie ont sous-performé le reste du S&P 500 de plus de 16 points de pourcentage. Le secteur technologique a perdu 11 %, tandis que les autres composantes de l’indice progressaient de près de 6 %. Cette divergence a ramené la performance relative de la technologie vers le bas de son canal de tendance observé depuis dix ans.

Le positionnement des investisseurs a lui aussi reculé, passant d’un niveau élevé à une exposition jugée neutre. Selon Deutsche Bank, cette nouvelle allocation correspond davantage à une croissance anticipée des bénéfices d’environ 10 %. Ce niveau paraît prudent au regard d’une progression proche de 47 % au troisième trimestre et d’un consensus qui attend encore 36 % de croissance d’ici la fin de l’année prochaine.

L’argument repose aussi sur l’historique des rotations sectorielles. Les précédents retours vers la technologie auraient produit un gain moyen de 32 %, avec une surperformance de 30 points par rapport au reste du S&P 500. L’indice large avait également avancé de 16 % en moyenne durant les trois mois suivant ces mouvements. Ces observations ne garantissent toutefois pas que le scénario se répétera, surtout après plusieurs années de hausse des valorisations liées à l’IA.

La dynamique bénéficiaire ne dépend pas uniquement des géants technologiques. La technologie et l’énergie représentent environ les trois quarts de la croissance attendue des profits du S&P 500 au troisième trimestre, estimée à 31 %. Hors de ces deux secteurs, la hausse resterait solide à 12 %. L’entreprise médiane de l’indice afficherait 14,4 % de croissance, un niveau proche d’un sommet sur vingt ans en dehors des rebonds consécutifs aux récessions.

Pour un investisseur français exposé au Nasdaq, au S&P 500 ou aux ETF mondiaux, le message invite davantage au rééquilibrage qu’à un pari concentré. La technologie conserve un poids important dans ces indices, ce qui amplifie à la fois les reprises et les nouvelles corrections.

Les risques restent significatifs. Deutsche Bank cite une possible réglementation du secteur après les élections américaines de mi-mandat et une nouvelle escalade géopolitique. La banque note aussi que le pétrole se situe environ 65 % au-dessus de son estimation de juste valeur à moyen terme, signe d’une prime d’incertitude élevée. Un choc externe pourrait donc provoquer un recul supplémentaire. La correction rend le point d’entrée plus intéressant, mais elle ne supprime ni le risque de valorisation ni la volatilité propre aux valeurs de croissance.