Les marchés obligataires européens ont connu une forte pression vendeuse mardi, reflétant une liquidation globale de la dette souveraine. Le rendement du Bund allemand à 10 ans a bondi à 3,22%, franchissant des résistances récentes et retrouvant un niveau inédit depuis mai 2011. Le Schatz à deux ans, plus sensible aux variations de taux, a suivi la tendance en grimpant jusqu’à 2,822%, son plus haut depuis fin juillet.
La dynamique n’a pas épargné d’autres signatures souveraines: le gilt britannique à deux ans a bondi à 4,558% — un plus haut depuis mai 2026 — et le rendement italien à 10 ans est monté à 4,06%, atteignant son niveau le plus élevé depuis fin juillet. Cette vague de ventes s’inscrit dans un mouvement mondial où, lors de la séance précédente, le T-Bond US à 30 ans a dépassé 5,30%, un sommet depuis 2007, et l’OAT japonaises ont également progressé, le JGB 10 ans passant à 2,945%, record en trois décennies.
Les opérateurs attribuent cette réévaluation transversale à une escalade des risques géopolitiques au Moyen-Orient — en particulier l’aggravation de la crise dans le Golfe Persique — et à la hausse persistante des prix des matières premières. Le Brent dépasse les 91$ le baril, et le gel du transit dans le détroit d’Ormuz est perçu comme un facteur susceptible d’ancrer durablement des coûts énergétiques et de fret plus élevés.
Plutôt que de revenir au scénario de désinflation envisagé en début d’été, les marchés traitent désormais l’environnement comme un choc stagflationniste. Les investisseurs anticipent que la BCE et la Fed seront contraintes de maintenir des politiques monétaires restrictives plus longtemps, augmentant ainsi les primes exigées sur les emprunts à moyen et long terme. Les salles de marché restent en mode défensif, attendant des signes clairs de stabilisation des marchés énergétiques avant de revenir massivement sur la dette souveraine à longue duration.

