La tension sur la dette française a franchi un nouveau cap. Le rendement de l’OAT à dix ans évolue désormais à proximité de 5 %, après avoir atteint 4,8349 % en séance mercredi, non loin d’un sommet de 18 ans. Sur le seul mois de septembre, le taux a progressé d’environ 61 points de base, sa plus forte hausse mensuelle depuis fin 2022.
Le mouvement est encore plus spectaculaire sur le trimestre. Depuis début juillet, le rendement de l’OAT à dix ans a gagné 113 points de base, soit sa plus forte progression trimestrielle depuis 1987. Cette hausse s’inscrit dans un mouvement mondial de remontée des rendements, alimenté par les craintes inflationnistes, les prix de l’énergie et l’anticipation de politiques monétaires plus restrictives.
La situation budgétaire française ajoute une prime de risque spécifique. L’Agence France Trésor prévoit d’émettre 340 milliards d’euros d’obligations à moyen et long terme en 2027, un montant record. La hausse des taux alourdit également la charge de la dette, désormais attendue cinq milliards d’euros plus élevée en 2026 et sept milliards en 2027 par rapport aux estimations réalisées un an plus tôt.
L’écart de rendement entre la France et l’Allemagne à dix ans atteint environ 124 points de base, son niveau le plus élevé depuis 2012. Pour les investisseurs, ce nouvel environnement augmente le rendement offert par les obligations françaises, mais reflète aussi une perception accrue des risques budgétaires et inflationnistes.
