Les interventions de Washington n'ont pas suffi à calmer les marchés de la dette. Scott Bessent a tenté de tempérer l'inquiétude en affirmant que les rendements ne reflètent pas les fondamentaux et en évoquant la possibilité d'élargir les rachats au‑delà du plafond annoncé de 4 milliards$ par émission. Le Trésor a formellement doublé son soutien à la liquidité sur les échéances longues, mais les ventes d'obligations souveraines se sont poursuivies.

L'Europe a été en première ligne: le rendement du Bund allemand à 10 ans a grimpé à 3,254%, son deuxième gain hebdomadaire consécutif et proche d'un sommet depuis mai 2011. Le Schatz à 2 ans a progressé à 2,841% alors que les marchés monétaires intègrent un risque accru d'une hausse de la BCE en septembre. L'OAT française à 10 ans s'est stabilisée près de 4,10% après d'importantes réouvertures de dette publiques qui ont mis à l'épreuve la demande institutionnelle.

Aux États‑Unis, la vague de ventes a effacé la plupart des gains tactiques liés au programme de rachat initial: le rendement du Trésor à 10 ans est remonté vers 4,70% et celui à 30 ans s'approchait de 5,25%, revenant près du pic de 5,337% atteint plus tôt la semaine. Les bilans des primary dealers restent sous tension face à un calendrier intense d'émissions fédérales, amplifié par des émissions corporates du secteur technologique finançant des projets d'intelligence artificielle.

Trois facteurs clefs alimentent la nervosité: une inflation énergétique durable avec le Brent autour de 93$ le baril, des problèmes de transit pétrolier dans le Golfe Persique et une dette publique américaine brute qui a franchi pour la première fois la barre des 40.000 milliards$. Les marchés considèrent désormais les rachats gouvernementaux comme des filets techniques insuffisants pour absorber une offre structurelle excédentaire ou compenser une inflation persistante. Jackson Hole sera scruté pour percevoir l'orientation future des banques centrales.