Les données compilées par Solve et rapportées par le Financial Times montrent que les prêts en non-accrual au sein des vingt plus grandes Business Development Companies (BDC) cotées américaines ont atteint une médiane de 2,8 % au deuxième trimestre, contre environ 2 % fin mars. Ce niveau est le plus élevé depuis près de dix ans et est comparé au stress provoqué par le krach du pétrole en 2017. Le marché du crédit privé américain pèse plus de 2 000 milliards de dollars, ce qui explique l’attention portée à ces chiffres.
La pression sur la liquidité est déjà tangible : certains fonds ont subi des demandes de retrait atteignant 40 % de la valeur nette d'inventaire, alors que la plupart des fonds imposent un plafond de 5 % de rachats par trimestre. Parallèlement, les arrangements « payment-in-kind », qui permettent aux emprunteurs de payer les intérêts en dette supplémentaire plutôt qu'en numéraire, se multiplient et signalent des tensions accrues sur la capacité de remboursement.
Les données de Fitch confirment une montée des défauts, avec un stress particulièrement concentré dans les secteurs des logiciels — exposés aux risques de disruption par l'IA — et de la santé. Malgré ces signaux, les régulateurs n'ont pas identifié de risque systémique imminent et plusieurs gestionnaires minimisent publiquement la gravité de l'épisode. Le contexte macroéconomique reste dominé par des taux d'intérêt américains élevés et une économie intérieure perçue comme encore résiliente.
L'impact sur Bitcoin n'est pas direct : il passe par la liquidité et le sentiment de risque. En cas d'aggravation des défauts et d'une nervosité accrue des investisseurs, des ventes d'actifs liquides pour reconstituer des liquidités pourraient toucher Bitcoin, facilement négociable 24/7 et présent sur les marchés spot et via les ETF. Toutefois, si la crise de crédit privé contraint la croissance au point d'inciter la Fed à assouplir sa politique, la même dynamique pourrait, dans un second temps, devenir favorable à BTC.


