En août, Statistique Canada rapporte une contraction de l’emploi de 42 000 postes au pays, interrompant une série de mois favorables. Le taux de chômage national est toutefois demeuré stable à 6,4 %, ce que plusieurs économistes considèrent comme une métrique plus robuste que le seul niveau d’emplois dans un mois donné.

Le Québec a connu une baisse de 19 000 emplois, concentrée principalement dans la région de Montréal (-21 000), mais son taux de chômage s’est maintenu à 5,6 %. Sur 12 mois, c’est la seule province à afficher une diminution de l’emploi. Les jeunes ont été particulièrement touchés : le marché d’été des 15-24 ans voit la perte de 19 000 postes en août, malgré une meilleure performance moyenne mai-août par rapport à 2025.

La répartition sectorielle montre 20 000 suppressions dans le secteur public, troisième mois consécutif de pertes pour cette composante. Les services aux entreprises, l’immobilier et d’autres services de soutien ont été les plus affectés, suivis des ressources naturelles et des services publics. À l’inverse, l’industrie manufacturière a surpris en créant 22 000 emplois en août, malgré la pression des nouveaux droits de douane américains.

Plusieurs explications structurelles et conjoncturelles sont avancées : un ralentissement des hausses salariales (gain horaire moyen annuel de +2,0 %, plus faible depuis 2017), un vieillissement entraînant plus de départs à la retraite, et un flux d’immigration réduit. Les droits de douane américains de fin août et les mesures de rétorsion prévues au Canada introduisent une incertitude supplémentaire, dont l’effet complet pourrait n’apparaître que dans les données de septembre.

Les économistes consultés estiment qu’un seul mois de recul n’inverse pas la tendance récente de forte création d’emplois (181 000 entre avril et juillet). Toutefois, ils voient ce rapport comme cohérent avec un léger ralentissement attendu de la croissance au troisième trimestre, ainsi qu’un affaiblissement de la dynamique salariale.