Les données de Kpler relayées par Reuters montrent un net recul du trafic marchand dans le détroit d’Ormuz: six navires y ont transité mardi, contre neuf la veille et une moyenne sur 10 jours de 11. Ce ralentissement intervient dans un contexte diplomatique et militaire fortement dégradé lié à la guerre en Iran et à l’expiration d’un Mémorandum d’entente signé en juin.
Du côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio a discuté de sécurité dans le Golfe avec le conseiller à la sécurité nationale des ÉAU, cheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, insistant sur la nécessité de préserver la liberté de navigation. Le président Donald Trump a affirmé que le détroit est « ouvert et opérationnel », que les « mines aquatiques ont été retirées ou désamorcées » et qu’aucune « discussion ou conversation » n’était en cours avec Téhéran, tout en confirmant qu’un blocus naval des ports iraniens restait en vigueur.
Les responsables iraniens ont réfuté l’idée d’un canal de communication indirect avec les États-Unis et le président du parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a conditionné toute réouverture du détroit à la satisfaction de plusieurs demandes: levée du blocus naval, dégel des avoirs, suppression des sanctions pétrolières et cessation des opérations militaires. Ghalibaf a déclaré que tant que ces conditions ne seraient pas remplies, « le détroit ne sera pas ouvert ».
Cette impasse nourrit une dynamique d’escalade potentielle: l’Iran a évoqué une posture « pleinement offensive » et la possibilité d’augmenter les tensions dans le détroit et la région. Sur les marchés, la nervosité se traduit par une nouvelle hausse du Brent, qui a progressé de 0,3% mercredi pour atteindre 91,30$ le baril, signe que les incertitudes sur le transit énergétique pèsent sur les prix.

