Steve Hanke a rédigé un projet de loi de dollarisation pour le Venezuela visant à supprimer le bolivar et à dissoudre la banque centrale, estimant les chances d'adoption entre 50 % et 80 %. Il fonde sa démarche sur des sondages montrant que la majorité des citoyens souhaite abandonner la monnaie locale et sur la réalité économique : une inflation proche de 400 % par an et une perte de 78 % de la valeur du bolivar face au dollar en un an.
Sur le plan macroéconomique, le pays ne produit plus que 1,1 million de barils par jour (environ 1,3 % de la production mondiale), contre 3,4 millions avant 1998, tandis que la dette extérieure approche les 250 milliards de dollars, soit environ 150 % du PIB. Hanke relie dollarisation et hausse de la production pétrolière, estimant que la stabilité monétaire faciliterait la renégociation d'une dette compliquée par l'hyperinflation.
En pratique, l'économie vénézuélienne est déjà largement dollarisée : dollars physiques abondants et recours intensif aux stablecoins. Le volume crypto des investisseurs particuliers a atteint 17,9 milliards de dollars au T1 2026 selon TRM Labs ; l'USDT domine avec 90,2 % des annonces Binance P2P liées au bolivar. Sur ces plateformes, l'USDT s'échange autour de 919 bolivars contre environ 780 bolivars au taux officiel, créant un écart proche de 18 %.
Pour les citoyens, les stablecoins servent principalement d'outil de survie — protection du pouvoir d'achat et moyen de transfert rapide — plutôt que d'instruments purement spéculatifs. À court terme, la demande d'USDT devrait rester soutenue, car particuliers et entreprises privilégient un dollar liquide et instantané. À plus long terme, une dollarisation réussie pourrait réduire l'urgence d'utiliser la crypto comme bouée de sauvetage, sans pour autant éliminer les avantages pratiques des stablecoins (rapidité, faibles coûts, disponibilité 24/7).


