Nomura relève que les sociétés japonaises ont livré des résultats robustes au premier trimestre de l’exercice 2026: une croissance des bénéfices récurrents d’environ 50% (contre 25% attendus), un rendement des capitaux propres à 12,1% et des marges opérationnelles à un pic historique de 9%. Toutefois, le courtier précise qu’environ la moitié de cette surperformance tient à des éléments exceptionnels — gains de change, remboursements de droits de douane et réévaluations de stocks — l’autre moitié étant liée à des facteurs structurels comme la hausse des volumes et des hausses de prix.

Cette dualité explique que d’excellents résultats ne se traduisent pas systématiquement par des hausses de cours: les investisseurs craignent la réversibilité des impacts temporaires et ont ajusté leurs positions après les publications. Le TOPIX continue d’évoluer à de nouveaux sommets tandis que le Nikkei 225 reste en retrait par rapport à son pic de fin juin, une divergence que Nomura associe aussi à la prudence après la forte progression des valeurs liées à l’IA et aux semi-conducteurs.

Les valorisations sont jugées élevées: le TOPIX autour de 16–17 fois les bénéfices et le Nikkei 22–23 fois, au-dessus de leurs fourchettes historiques. Malgré cela, Nomura conserve un scénario haussier fondé sur des révisions de bénéfices encore favorables et sur des retours aux actionnaires soutenus: dividendes totaux prévus à ¥31,6 billions et rachats pour ¥24 billions en 2026, soit ¥55,6 billions au total (+23,3% sur un an).

Le profil de risque reste centré sur la politique monétaire: Nomura ne prévoit pas de resserrement suffisamment fort de la Banque du Japon pour endommager l’économie, tablant sur un taux terminal à 1,75%. Toutefois, si les rendements obligataires grimpent fortement, l’écart favorable entre croissance nominale du PIB et taux longs — actuellement préservé — pourrait se réduire et fragiliser les valorisations actions.