Les actions des fabricants de mémoire ont reculé après la publication de Samsung Electronics. Micron a perdu 2,6 % en avant-Bourse, SanDisk 2,6 % et SK Hynix 1,9 %. À Séoul, Samsung a chuté de plus de 4 %, même si le groupe a enregistré un quatrième trimestre consécutif de bénéfices records.
Le paradoxe vient de l'écart entre la performance absolue et les attentes du marché. Samsung a annoncé un bénéfice net de 75 136 milliards de wons, inférieur au consensus FactSet de 86 130 milliards. Son chiffre d'affaires a plus que doublé sur un an pour atteindre 195 253 milliards de wons, tandis que le bénéfice opérationnel a été multiplié par près de neuf à 107 441 milliards. La division des semi-conducteurs a fourni l'essentiel du résultat, avec environ 106 500 milliards de wons de bénéfice opérationnel.
Ces chiffres confirment la puissance du cycle de la mémoire lié à l'intelligence artificielle. Pourtant, ils montrent aussi que les cours intègrent déjà une croissance exceptionnelle. Lorsque les attentes sont très élevées, un résultat record peut provoquer une baisse s'il reste inférieur au consensus ou si la direction ne répond pas aux questions sur l'allocation du capital.
Samsung estime que l'offre de mémoire restera tendue au cours des prochaines années, ce qui devrait maintenir les prix à des niveaux élevés. Le groupe prévoit une forte progression des ventes de mémoire HBM4, utilisée dans les infrastructures d'IA. Il anticipe aussi que des contrats pluriannuels couvriront entre 60 % et 70 % de sa capacité de production projetée d'ici 2030.
Cette visibilité s'accompagne d'investissements massifs. Les dépenses d'investissement prévues pour 2026 atteignent 84 400 milliards de wons, dont 76 800 milliards consacrés aux semi-conducteurs. Pour l'investisseur, ces montants soutiennent la capacité future, mais ils augmentent également le risque de surinvestissement si la demande ralentit ou si les prix de la mémoire se retournent.
La baisse de Micron ne signifie donc pas que ses perspectives se sont mécaniquement dégradées. Elle reflète une réévaluation sectorielle des attentes, des investissements et des rendements futurs. Les prochains résultats de Micron devront être analysés selon ses propres contrats, sa capacité HBM et ses marges. La bonne question n'est plus seulement de savoir si la demande d'IA progresse, mais si cette progression reste assez forte pour justifier les dépenses et les valorisations actuelles.


