Renault Group a publié un chiffre d'affaires trimestriel supérieur aux attentes tout en vendant moins de véhicules. Sur les trois derniers mois, les revenus ont atteint 11,6 milliards d'euros, en hausse de 1,4 % à taux de change constants. Le consensus fourni par le groupe tablait sur 11,4 milliards et une légère baisse de 0,3 %.

Cette performance contraste avec un recul de 6 % des volumes, à 497 799 véhicules. Renault a été confronté à une concurrence accrue en Europe et en Amérique latine, notamment de la part des constructeurs chinois. Le groupe affirme cependant avoir privilégié les ventes les plus rentables plutôt qu'une croissance à tout prix.

La stratégie commerciale repose en particulier sur les clients particuliers, qui représentaient 64,8 % des ventes européennes. Cette proportion est supérieure de 20 points à celle du marché. Ce mix peut soutenir les prix et les marges, car les ventes directes aux particuliers sont généralement moins dépendantes des remises consenties aux flottes. Renault insiste aussi sur la gestion des stocks et la protection des valeurs résiduelles.

L'électrique constitue l'autre moteur. Les véhicules électriques ont représenté 25,8 % des ventes du groupe au troisième trimestre, soit une progression de 12,2 points. Depuis le début de l'année, les ventes électriques de la marque Renault ont augmenté de 75,2 %, portées par la R5 et par la nouvelle Twingo, qui totalise 26 000 ventes depuis son lancement.

La situation est plus difficile chez Dacia. Les ventes de la marque ont reculé de 12,8 % au trimestre, en raison d'une offre électrique encore limitée et d'une pression concurrentielle forte sur les véhicules compacts. La nouvelle Spring produite en Europe doit élargir la gamme, tandis que le Bigster renforce la présence sur un segment devenu très disputé.

Pour l'investisseur, la publication est rassurante sur la capacité de Renault à préserver la valeur malgré la baisse des volumes. La confirmation des objectifs 2026 renforce ce message. Le principal enjeu sera toutefois de vérifier que le mix favorable compense durablement les pertes de parts de marché et que la croissance électrique ne repose pas sur des remises excessives.

Les prochains trimestres devront confirmer la tenue des prix, des marges et des stocks. La performance de Dacia, la rentabilité des nouveaux modèles électriques et l'intensité de la concurrence chinoise seront déterminantes. Le trimestre montre une discipline commerciale réelle, mais une croissance durable nécessitera aussi une stabilisation des volumes.