Le débat sur les anticipations d’inflation revient au premier plan avec la forte hausse du pétrole et le maintien des prix américains au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale. Le Brent a progressé de plus de 71 % depuis le début de l’année selon les données citées, après l’offensive américaine et israélienne contre l’Iran. Aux États-Unis, l’inflation à la consommation a atteint 3,4 % sur un an en août et les prix à la production 5,4 %.

Paul Donovan, économiste en chef d’UBS, invite les banques centrales à distinguer les opinions déclarées des comportements réels. Les anticipations des consommateurs ne deviennent déterminantes que si elles influencent les demandes salariales ou les dépenses. Celles des entreprises comptent surtout lorsqu’elles disposent d’un pouvoir de fixation des prix ou modifient leurs tarifs avant une hausse de coûts.

Selon cette analyse, les investisseurs ont une capacité d’action plus rapide. Leurs anticipations se transmettent aux prix des obligations, aux primes de risque, aux valorisations des actifs et au coût réel du capital. Une perception durablement plus inflationniste peut donc durcir les conditions financières avant même qu’elle apparaisse pleinement dans l’économie réelle.

Les enquêtes restent néanmoins très suivies. Celle de l’Université du Michigan a porté les anticipations d’inflation à un an à 4,6 % en septembre, contre 4,0 % en août. UBS considère toutefois que la baisse des taux de réponse et l’influence des réseaux sociaux peuvent réduire la fiabilité de ces indicateurs s’ils ne s’accompagnent pas d’un changement mesurable des comportements.

Cette réflexion intervient avant une réunion de la Fed pour laquelle les marchés anticipent une hausse de 25 points de base. La réaction des rendements obligataires et des anticipations d’inflation de marché sera essentielle pour juger si le resserrement renforce la crédibilité de la banque centrale.